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fév 28

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Rust

Bien 10 min que je glandes dans mes buissons en attendant qu’ils se cassent. J’étais parti pour massacrer le troupeau d’animaux radioactifs avec mon arc, mais voilà que ces types se sont pointés avec leurs M4 et leurs équipements en kevlar.

Que puis-je y faire avec mon cul à poil et mes armes de croc-magnon?

Faut dire que Big Radtown est un lieu couru des chasseurs de blueprints, ces artefacts permettant l’apprentissage des technologies.

Je ne dis pas que je m’en fout de ces machins, mais j’ai d’autres priorités. Voilà deux jours que je suis « né » au milieu de ces terres hostiles et radioactives, ma priorité c’est d’abord la survie. Et encore la survie.

Alors je fais profil bas, je ramasse du bois, des minerais, je chasse… Mon but initial est d’établir une base solide pour résister aux assauts des nombreux pillards de la région. Au départ j’ai commencé avec un simple bout de rocher, une torche et des bandages. Même pas un pantalon, même pas un slip… C’est les roupettes à l’air que j’ai commencé à courir à travers vallées et montagnes.

Très vite, je me suis fabriqué une petite hache en pierre, rudimentaire mais déjà bien plus efficace que mon vieux caillou. Je pouvais ainsi plus facilement courir après les cochons sauvages ou couper du bois.

Mais ce monde est impitoyable. A peine familiarisé avec mon nouvel environnement, j’ai croisé un premier être humain. Il était à poil, comme moi. Mais il avait un shotgun. Alors, dans une tentative désespérée (et ridicule), je me suis battu bec et ongle avec ma hachette, pendant environ 2 sec, avant de me faire trouer le bide à coups de chevrotine. Rideau.

Et des morts comme celle là, j’en ai déjà connu un certain nombre. Avec un ours, avec des loups, en trainant trop longtemps dans une zone irradiée, en tombant dune falaise… A vrai dire, tout est fait pour que la vie soit courte et rude.

Mais désormais je suis bien plus prudent. Terminées les courses au milieu des landes dégagées, je rase les montagnes, je me faufile de buisson en buisson. Je profite de la nuit aussi, même si je n’y vois goutte et que je me gèle les miches, ce qui finit aussi par m’affaiblir.

Ce matin j’ai trouvé un coin sympa pour établir mon premier campement. C’est dans les montagne, très en hauteur et je suis mort deux fois avant de trouver un chemin sûr pour y accéder. Aucun doute, il faudra savoir que je vis là pour me débusquer.

Je respecte les rudiments de la survie en milieu hostile, à savoir surveiller mes arrières quand je vais vers ma base, observer les environs sans relâche pour être sûr que personne ne repèrera mon nid d’amour avant que je l’ai un minimum sécurisé. Et, surtout, je n’allume aucun feu après la tombée de la nuit.

Pour le moment c’est basique: un sac de couchage, un four pour mes minerais, un établi pour bricoler et un coffre pour le stockage. Au moins si je clamse, je respawn au sac de couchage et je ne perd que ce j’avais sur moi au moment du drame. Et bientôt j’aurais construit ma première maison en bois, que je ferai grandir à ma guise.

Mais bon, revenons à nos moutons. Je suis donc planqué dans mon buisson, aux abords de ce village irradié que l’on appelle Big Radtow, et j’observe cette escouade armée jusqu’aux dents. S’ils me voient, je suis mort, c’est clair. A moins qu’ils ne se contentent de me racketter, ça arrive aussi.

Discrètement, je contourne la palissade par le nord et tente une approche par l’entrée principale, à l’est. Il faut que je me bouge, rester trop longtemps dans une telle zone fait dangereusement grimper mon compteur de rad. Si au passage je peux trouver une ou deux caisses d’équipement pour améliorer mon quotidien, pourquoi pas… Une fois à l’intérieur c’est le rush, les autres types ne m’ont pas encore vu mais je commence à flipper, à l’évidence ils sont bien organisés et vont se séparer pour ratisser la zone.

Je pousse une porte, aperçois une caisse et m’empare… d’un MP5. C’est un peu la rupture technologique à côté de mon arc! Je ressors discrètement et… tombe nez à nez avec un des types. Pas de sommation, pas de pitié, il m’abat d’une rafale de M4. Je n’avais même pas eu la présence d’esprit d’équiper ma nouvelle arme. Rideau.

La prochaine fois je ferai plus attention, et je vais surtout éviter ces zones convoitées pour le moment. Du bois, du minerai, de la chasse. Ne pas brûler les étapes.

Me revoilà donc dans ma montagne, j’ai allumé un feu de camp pour cuire un peu de viande. Je ne ferai certainement pas un banquet car la nuit tombe et il va bientôt falloir éteindre le feu, mais au moins j’aurais profité de mon bout de poulet en admirant un couché de soleil sur la mer.

Un peu de douceur dans ce monde impitoyable.