«

»

nov 02

avatar

Kiki la petite sorcière

C’est original voyez-vous, mais je suis un grand fan des productions de Hayao Miyazaki. C’est assez mainstream de le dire, mais pourrait-il en être autrement? Connaissez-vous un auteur comparable dans le domaine des animés?

Moi non, depuis des années je regarde inlassablement ses oeuvres, régulièrement, et je ne parviens pas à m’en lasser. L’atmosphère qui s’en dégage, la qualité du dessin et des animations, les musiques dont on met des jours à se défaire et cette faculté à nous faire retomber en enfance, à nous mettre un gros smile sur la figure tout en nous laissant un rien mélancoliques de ces années d’insouciances. C’est un peu tout cela un Miyazaki, une touche de poésie qui nous fait du bien.

Mais si j’écris cet article, c’est surtout pour parler de celui que je préfère au final, à savoir Kiki la petite sorcière.

Alors ce n’est pas le plus connu, ni le plus cité, ni même le plus plébiscité mais cet anime contient pour moi tout les ingrédient qui font de Miyazaki un auteur absolument unique en son genre.

C’est une histoire simple, celle d’une sorcière qui, à l’âge de 13, part à l’aventure pour terminer son apprentissage. Sans réel but ni objectif particulier, elle quitte sa petite campagne douillette pour chercher du travail et proposer ses services à l’extérieur, en l’occurrence une charmante ville au bord de la mer.

Le plus européen des japonais signe ici un univers aux inspirations méditerranéennes, même si la ville de Koriko emprunte à l’architecture allemande ou suisse des façades caractéristiques. Bref, nous sommes bien loin de Tokyo et c’est tant mieux, je n’ai jamais apprécié plus que ça la physionomie des métropoles japonaises.

Au fil de l’histoire, elle va rencontrer plusieurs personnages attachants, comme le boulanger muet ou encore son ami Tombo, lequel est un passionné d’aéronautique. Encore un marqueur fort de Miyazaki, puisque les machines volantes ont toujours été sa passion. A ce propos, son dernier long métrage, Le vent se lève, y est entièrement consacré et rend hommage aux racines du réalisateur, fils d’un industriel de l’aviation.

Mais revenons à nos moutons. Kiki la petite sorcière n’est pas, dans le fond, un film sur les sorcières. C’est juste un prétexte, une façon d’aborder le thème sensible de la fin de l’adolescence, cette cassure que chacun vit à sa manière mais qui façonne l’adulte que nous sommes devenus.

Ainsi, lorsqu’elle quitte son foyer pour vivre son aventure, elle n’emporte pas que son paquetage et son petit chat, Jiji, mais aussi sa bonne humeur et, disons le, sa naïveté d’enfant de la campagne. Si, au départ, elle prend à coeur son travail de livreuse pour la boulangère qui l’accueille chez elle, Kiki va progressivement sombrer dans la mélancolie face aux réalités parfois dures de la vie d’adulte. Les rencontres qu’elle va faire, souvent intéressantes et cordiales, seront parfois blessantes et le poids de sa nouvelle vie la conduira même à perdre ses pouvoirs (temporairement? ou pas? à vous de voir le film).

C’est toute la magie de Miyazaki. Faire un film au premier abord tout mignon, sans prétention, où il ne se passe au final pas grand chose (on parlera plutôt d’une tranche de vie) et pourtant réussir à faire passer autant d’émotions contradictoires pour au final permettre à chacun de se reconnaître dans les doutes et les épreuves de Kiki et Jiji.

Le Château dans le ciel nous fait rêver.

Le voyage de Chihiro est psychédélique.

Princesse Mononoké incarne à la fois la beauté et la violence.

Et chaque long métrage de Miyazaki nous offre des émotions et une expérience.

Mais au final, si je ne devais en garder qu’un, ce serait Kiki la petite sorcière, juste parcequ’avec ce film je suis à nouveau un enfant qui devient adulte.

1 comment

  1. avatar
    mushu

    Coucou,
    Alors la oui je suis d’accord avec toi. Ne l’ayant pas encore vu, mais c’est pour bientôt, je ne peu pas me prononcer sur le film.
    Connaissant le réalisateur je n’ai aucun doute sur la qualité de son oeuvre.
    Avec mes garçons nous avons vu et revu,
    le voyage de Chihiro,
    mon voisin Totoro,
    Ponyo sur la falise et
    Princesse Mononoké, celui-ci je ne compte plus le nombre de fois qu’on l’a vu.

Laisser un commentaire